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RESISTANCE ET REPRESSION A PETRETO-BICCHISANO
             

Petreto-Bicchisano fut un des hauts lieux de la Résistance corse. Le village est situé au centre d'un périmètre qui inclue la vallée du Valinco au sud vers Sartène, Santa Maria Sicchè et Azilone-Ampaza au nord vers Ajaccio, la mer à l'ouest où aborderont par deux fois des sous-marins venus d'Alger et la haute montagne de l'Alta Rocca. Partout en ces lieux, la Résistance y est très active. Les armes arrivent par la mer et par les parachutages - le premier parachutage en Corse-du Sud a eu lieu au col de Siò tout proche. Et Petreto-Bicchisano a payé cher son engagement pour la libération de la Corse, avant même l'insurrection du 9 septembre.
Le 17 juin 1943, Jules Mondoloni du hameau de Penta tombe, avec son camarade André Giusti, sous les balles fascistes au cours d'une fusillade à Ajaccio. En représailles, l'occupant italien déporte une quarantaine d'hommes. Ils sont acheminés vers l'Autriche (Wolsberg), via l'île d'Elbe et le contient italien. Le jeune Charles Bonafedi s'évadera et mourra en combattant avec les patriotes yougoslaves après avoir laissé une lettre testament à ses parents (voir ci-contre). Antoine Cornéani, Dominique Léandri, Pierre-André Olivesi et Jules Secondi ne survivront pas longtemps à leur déportation.
Mais on n'en restera pas là. Le village continue de faire l'objet d'une étroite surveillance pour mâter la Résistance intérieure. Au suplus, Petreto-Bicchisano est le village des deux cousins Colonna d'Istria qui sont de retour en Corse, venus d'Alger : Paulin (Mission Pearl Harbour ) et Antoine (Mission Frederick). Le 7 août deux patriotes du village passés à la clandestinité, Dominique Bighelli et Jean-Baptiste Giacomini sont, à leur tour, tués par l'occupant italien sur les hauteurs du village à Foce-Livese.

Pour sa Résistance et le sacrifice de ses enfants, Petreto-Bicchisano aura les honneurs de la Nation.

croix_bonafedi

stele_petreto
fleche blancheALTA ROCCA


La lettre de Charles Bonafedi à ses parents

Mes très chers parents,
Je vous écris à tout hasard car je ne sais si ma lettre vous parviendra. Enfin, vous saurez qu’avant de partir j'ai pensé à vous. Demain à une heure de l'après-midi je pars... Ici une ressource s'offre à moi: ne pouvant combattre aux côtés des Français, je vais rejoindre les patriotes slaves. Si vous restez longtemps sans nouvelles de moi ne désespérez pas car s'il m’arrivait malheur vous seriez prévenus; mais si cela arrivait ne me pleurez pas, je serai mort en tâchant de faire mon devoir. J'ai vu, papa, les sacrifices que tu as consentis pour m'envoyer à l’école. Si je vais combattre c'est pour que d'autres papas n'aient pas besoin de se saigner pour élever leurs enfants, c'est pour que tout le monde travaille dans un monde de paix et de prospérité.
Si je tombe, d'autres resteront qui finiront notre œuvre.
Maman, ne te fais pas de mauvais sang. Ton fils, vois-tu, va lutter pour que les autres mamans qui viendront n'aient plus peur pour leurs gosses. Sois courageuse comme j'essaie de l'être en ce moment: je ne veux pas pleurer, non, c’est mon devoir que je vais faire.
Paulo, toi mon frère, n'abandonne pas papa et maman. Console maman surtout. Tâche de lui faire comprendre que je devais faire cela.
Embrassez tous nos parents et saluez tous les camarades  et les voisins.
J’ai le ferme espoir de retourner et alors nous pourrons faire la fête.
Courage tous !
Si vous recevez la nouvelle de ma mort, plantez une croix à côté de la tombe de jules Mondoloni.
Si je ne reviens pas, sachez que ma dernière pensée aura été pour vous et pour la cause. je vous embrasse de tout mon cœur.
Votre fils qui pensera toujours à vous.

Charlot BONAFEDI

 
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